Microsoft se prépare à l’après-Bill Gates

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Bill Gates quittera progressivement ses fonctions opérationnelles à la tête de Microsoft d’ici à 2008. La succession s’organise. Procédure anti-trust en Europe, concurrence sur Internet, lancement de Vista… les défis sont nombreux.

C’est une page de l’industrie micro-informatique qui se tourne. D’ici à 2008, Bill Gates, charismatique patron de Microsoft, se dégagera progressivement de la gestion quotidienne de l’entreprise qu’il a créée en 1975 pour se consacrer à la fondation caritative, créée en 2000 avec sa femme. « Il ne s’agit pas d’un départ en retraite », a précisé l’intéressé lors d’une conférence de presse, « mais d’une réorganisation de mes priorités ». Arrêtée depuis deux ans selon ses dires, la décision de Bill Gates, 51 ans, ne surprend pas. Il l’avait préparée dès 2000, lorsqu’il confiait les responsabilités de PDG à son fidèle numéro deux Steve Ballmer. Depuis, l’homme le plus riche du monde, à la tête d’une fortune de 50 milliards de dollars selon l’estimation du magazine Forbes, conservait la présidence du conseil d’administration et le titre quelque peu flou d’architecte en chef des logiciels. C’est ce dernier poste qu’il abandonnera à Ray Ozzie avec lequel il travaillera durant une « transition en douceur sur deux ans », au profit de celui, plus modeste, de conseiller technique.

En fait, cette promotion de Ray Ozzie, jusqu’alors directeur technique du groupe, n’est qu’un élément du vaste jeu de chaises musicales qui s’apprête à avoir lieu à la tête de Microsoft. Craig Mundie, autre directeur technique, dirigera désormais le département de recherche et de stratégie. Une inconnue de taille demeure : qui sera capable, après Bill Gates, d’incarner l’entreprise au quotidien, comme le fait encore le co-fondateur, même après son remplacement au poste de PDG ? « Il est fort probable » que ce soit l’actuel PDG Steve Ballmer, estime Carmi Levy, analyste chez Infotech Research. Une opinion qui n’est pas partagée par tous. Rob Enderle, analyste en chef chez Enderle Group, estime que Steve Ballmer, dans le groupe depuis 1980, pourrait quitter Microsoft peu après Bill Gates, comme l’a déjà fait le co-fondateur Paul Allen. Auquel cas, ce sera à une nouvelle génération de dirigeants de s’imposer.

Les analystes soulignent surtout que Bill Gates, comme figure de la micro-informatique mondiale, ne sera pas facilement remplaçable. Bien qu’il n’ait en aucun cas abandonné totalement les commandes, les six dernières années marquées par la présidence Ballmer, n’ont pas été d’une réussite probante. Exemple avec les innombrables retards de Windows Vista dont la sortie a été dernièrement repoussée au mois de janvier 2007. Avec les mauvaises ventes de la première Xbox et à la demande moins forte que prévue pour la nouvelle Xbox 360. Et surtout avec la concurrence des groupes Internet, Google en tête, que Microsoft a laissé filer faute de s’intéresser suffisamment à ce marché. Toutefois, Bill Gates se veut rassurant. « Nous avons plusieurs produits-clés leaders » sur leur marché, notre talent technique est le meilleur du monde, nos activités sont solides et ont de claires perspectives de succès », assure-t-il. Précisant que le groupe est encore « sur les rails pour continuer à faire un milliard de dollars de bénéfices par mois ». En 2005, Microsoft a dégagé plus de 12 milliards de dollars de bénéfices pour un chiffre d’affaires de près de 40 milliards. Faire au moins aussi bien sera déjà un défi pour ses successeurs.